Amedeo VS Paolo

 

 

 

 

 

 

Quand il ne fait pas beau, vas voir des expos!

Je ne vais pas vous parler des supers expos du moment parce qu’on voit assez d’affiches comme ça (même si je meurs d’envie de voir le Monumenta version Buren au Grand Palais), mais plutôt, pour commencer de l’expo de la Pinacothèque: Modigliani, Soutine et l’aventure du Montparnasse.

Centrée autour de Jonas Netter, un des plus grands collectionneurs d’art du XXe siècle, on y découvre des tableaux de nombre de peintres du mouvent dit du Montparnasse. Modigliani au destin tragique, mais aussi Soutine, Utrillo, Valadon et d’autre moins connus. L’expo est parsemé de lettres entre Netter le collectionneur et ses peintres, ça donne du relief et replace l’art dans son contexte également marchand. J’adore toute cette période parisienne, alors je ne suis pas du tout objective, mais allez-y, ça vaut le détour! Préférez la pause de midi, l’expo rencontre un grand succès. Et n’oubliez pas de faire un détour par la boutique saluer ses charmantes libraires.

 

Beaucoup plus proche de nous, la Maison Européenne de la Photographie organise une rétrospective du photographe italien Paolo Pellegrin. Dies Irae (jour de colère selon mes restes de latin) retrace le parcours de Pellegrin en tant que photographe de guerre, notamment, aux quatre coins de la planète.

C’est choc, mais pas voyeur. Émouvant mais pas larmoyant. Remuant. Une petite piqûre de rappel de temps en temps pour nous faire sortir de notre nombril et nous rappeler que oui, il y a plus grave qu’un métro en retard.

On fait court aujourd’hui parce qu’on est à la bourre et qu’on a payé cher sa veille de jour férié, mais des nouvelles du permis et encore des supers trucs à faire à Paris très bientôt!

Les adresses:

Pinacothèque de Paris - 28 place de la Madeleine – 75008 Paris

MEP – 5 rue de Fourcy – 75004 Paris

 

Le livre pour briller dans les dîners mondains: De Niro’s game, Rawi Hage, Folio

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Les bars d’hôtel avril-mai

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rappelez-vous, début avril, il faisait beau, il faisait chaud, on pensait que le printemps était aux portes de Paris et que les 3 mois à venir ne seraient que bières fraîches en terrasse, ballerines et promenades au clair de lune. Lointaine chimère.

Début avril, nous étions donc au Mandarin Impérial, hôtel sis dans la très chic rue Saint-Honoré. Façade très imposante, d’inspiration asiatique comme on peut s’en douter. Je pénètre dans l’hôtel, toujours affublée de mon sparring partner. Nous traversons le patio et une immense baie vitrée laisse apparaître les jardins et un puits de lumière naturelle.

On nous guide jusqu’au bar où nous avons le choix entre la salle (photo de gauche) et les jardins (photo de droite). Nous optons pour les jardins. La seule photo trouvée ne leur rend pas hommage. Le premier mot qui vient à l’esprit pour décrire cet endroit serait surement paisible. Loin du tumulte de la ville, nous sommes ailleurs, un minuscule cours d’eau  en guise de fond sonore. Chaque table est entourée de végétations, vous abritant des regards indiscrets mais assez éparses pour épier vos voisins, hommes d’affaires, couple illégitime (ou père et fille, on a pas réussi à trancher), et autres gens plus riches que nous de toute façon.

De tous les bars que nous avons fait jusqu’à présent, le Mandarin remporte la palme du personnel. Immédiatement prévenant, vous cherchez le bar, je vous accompagne. Les membres du bar le sont tout autant. Madame, Monsieur ponctue une phrase sur deux. On boit un très bon Crozes-Hermitage blanc et le temps semble s’être arrêté dans cet oasis inattendu.

Il sera étourdissant de retrouver le ballet des voitures et des piétons au sortir de l’hôtel. On y reviendrait bien pour un prochain goûter, la vitrine des desserts aperçue mettait vraiment l’eau à la bouche.

 

Le mois de mai a la météo beaucoup plus incertaine et nos envies de terrasse sur les toits de Paris, comme en dispose l’Hôtel Raphaël, à deux pas de l’Arc de Triomphe, sont avortées. Pour cause de mauvais temps, la terrasse est encore fermée.

Nous sortons de notre chapeau notre plan de secours: l’Hôtel Meurice, rue de Rivoli.

La façade sous les arcades se repère au premier coup d’oeil. Passé les portes à tambours, la réception est discrète et l’on pénètre directement dans la salle de restaurant figurée sur la photo. Notre flair pour repérer les bars commence à être affûté, nous pénétrons dans une petite pièce à l’éclairage très tamisé, presque sombre, garni de fauteuils Chesterfield, d’un bar noir, d’une brigade entière de serveurs et de grandes bourgeoises blondes.

Toutes les tables sont occupées et l’on nous installe dans les canapés au premier plan de la photo dans une ambiance douce mais où la lumière est assez présente pour que je ne me demande pas si Roger (les prénoms ont été modifié pour des raisons de sécurité civile) est toujours assis à côté de moi.

Deux musiciens se mettent au piano et à la contrebasse à partir de 19h. Répertoire jazzy d’ambiance. Rien de très audacieux, mais c’est bien agréable.

Nous buvons un très bon verre de vin blanc, un Chablis frais. Que nous siroterons consciencieusement, son prix dépassant tout ce que nous avons pu voir auparavant. Le cadre est idyllique, rien n’est trop chichiteux (à part les clients), ni trop simple. La coupelle à noyaux d’olives est remplacée tous les trois noyaux, le personnel est prévenant et souriant, j’arrive même à faire une blague au moment de l’addition. Preuve qu’on se détend, sûrement.

Le livre pour briller dans les dîners mondains: Meurtre au Palais-Royal, Michel Piquemal, SEDRAP (à partir de 8 ans)

 

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Je passe mon permis #1

Si ma procrastination devait prendre forme, je pense que le permis en serait une bonne illustration. A 16 ans, lyonnaise et pietonne, et flemmarde un peu aussi, exit la conduite accompagnée. A 18, trop occupée à contempler ma carte d’électeur et ma vodka orange en toute légalité (oui les erreurs de jeunesse). Puis les années s’enchainent et les excuses aussi diverses que bidons aussi, pas le temps, pas l’argent, pas d’auto-école en bas de la maison, un monde quand même!

Mais voilà, c’est décidé. Ca fait 10 ans que c’est décidé: aujourd’hui je passe mon permis. Enfin… je décide de passer mon permis, enfin… je vais m’inscrire. Demain. Merde, non demain c’est dimanche. Lundi. Lundi je m’inscris au permis.

C’est à peu près le discours que je tiens chaque fois que me reprends l’envie de passer mon permis, à peu près une fois par an, à l’approche des vacances en général, où je me dis que les vacances en train-bus-taxi-rebus-pieds pendant 15 jours ça va bien. Et puis, j’aurais mon permis, je pourrais me dire tiens je loue une voiture je vais passer le week end ailleurs plutôt que de dire tiens si tu louais une voiture pour qu’on aille passer le week end ailleurs ?

Ces derniers temps, ayant des envies de changement pro, je constate que ne pas avoir mon permis me ferme beaucoup de portes. Une raison de plus s’ajoute à ma liste pro-permis. La liste contre étant constitué de raisons écologiques (ça pue et ça pollue); d’une bonne dose de mauvaise foi: j’ai vécu jusqu’ici sans alors hein, quel intérêt?; de la tonne de gens qui ne savent conduire que dans leur village l’été pour aller chercher le pain et qui ne conduisent pas sur l’autoroute/pas sur le périf/pas la nuit/pas dans une autre voiture que ma R5 et surtout pas dans Paris.

Et ça, c’est juste hors de question. Si je passe mon permis, je conduis PARTOUT. Comme tout le monde a l’air de s’accorder à dire que conduire dans Paris est la pire situation, très logiquement, je me suis dit qu’apprendre à conduire à Paris était la meilleure solution pour conduire partout. Elémentaire, non?

Dernier élément à apporter au dossier, Votre Honneur, bénéficiant d’un avantage fiscal valable jusqu’à son prochain anniversaire (trèèès bientôt), ma cliente a l’unique occasion d’obtenir un prêt à taux zéro pour financer le dit permis. Avouer que ça ne se refuse pas.

Ne me reste plus qu’à trouver une auto-école et c’est parti!

Le livre pour briller dans les dîners mondains: Le paysan de Paris, Louis Aragon, Folio

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Podalydès, Mauvignier, Manon, l’ electro berlinoise

C’est un peu la représentation que je me fais de la vie parisienne et la façon dont j’aime la mener, le mélange des genres, des personnes. Aller voir une pièce au Français un jour et sortir au Rex le lendemain.

La pièce, en l’occurence Ce que j’appelle oubli est un texte de Laurent Mauvignier paru aux éditions de Minuit il y a environ un an. Ceux qui me connaissent depuis plus d’un an en ont forcément entendu parlé. J’ai harcelé tout le monde avec ce texte et j’en remets une couche pour les malentendants et les nouveaux venus.

Ce que j’appelle oubli est l’adaptation d’un fait divers. Sous la forme d’un monologue, Mauvignier relate l’histoire d’un jeune homme mort sous les coups des vigiles pour avoir bu une cannette de bière dans un supermarché. C’est un texte poignant, d’une force incroyable. Sous une plume acérée, les mots sont pesés, choisis. Une écriture ciselée qu’on a envie de lire à voix haute. C’est ce qu’a décidé de faire Denis Podalydès, et ça fonctionne à la perfection. La rencontre du texte et du comédien semblent l’évidence. On est parfois parcouru de frissons, souvent secoué de nausées et ému aux larmes, enfin.

Pour se remettre de toutes ces émotions, on décide avec Manon d’aller danser un soir au Rex. Ca tombe bien, samedi dernier c’était electro berlinoise. Le Rex Club est une institution à Paris. Avec une réputation de plus gros mur de son de la ville, le prix de l’entrée dissuade les petits rigolos et le choix de la musique vous laisse entre addict. Plutôt bonne ambiance, donc. 

J’y étais déjà allée au Nouvel An. Samedi, la population était un peu plus jeune -25-30 ans- et la musique toujous aussi bonne. Deux ou trois DJ se succèdent et rendent parfois complètement hystériques le public, nous et l’homme au chapeau compris. Bouger son corps aux rythmes electro, quand la musique envahit tout votre univers, procure une forte sensation d’abandon, enivrante (à moins que ce ne soit l’effet de la bouteille de vin bu plus tôt..).

Etre au plus près de l’émotion au théâtre et s’abandonner à la musique sans penser à rien le jour suivant.

Se sentir vivant dans les deux cas.

Le livre pour briller dans les dîners mondains: Voix off, Denis Podalydès, Folio

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Dominique A à la Gaîté Lyrique

 

Je ne suis pas une chanceuse. Au sens où je ne gagne pas les tirages au sort, les jeux à gratter, je ne trouve jamais d’argent dans la rue, et trop rarement dans mes poches.

Pourtant, j’ai gagné deux places pour le concert privé de Dominique A à la Gaîté Lyrique mercredi. Traversant une grosse période de win en ce moment, je songe d’ailleurs sérieusement à jouer au loto. Bref.

Jusqu’à lors, Dominique A c’était surtout un souvenir de lointaines vacances parisiennes, un type qui me touchait mais dont je ne suivais pas particulièrement le parcours. Et puis Vers les lueurs sort, j’aime déjà beaucoup les chansons passant à la radio. Rapidement, je l’écoute en boucle. Des titres rock aux ‘bluettes’ comme il le dit lui-même, aucun ne se ressemble et on se surprend vite à tous les fredonner.

Je gagne deux places grâce à France Inter et embarque avec moi le plus grand fan de Dominique A que je connaisse. Premier concert à la Gaîté, très chouette salle, son impeccable et un artiste qui n’a rien perdu de sa gentillesse en 20 ans. Comme si c’était encore une nouvelle chose à chaque album que d’aller à la rencontre de son public.

Les arrangements sont juste parfaits, le quintette à vent joue les morceaux à la perfection, et la bonhommie de Dominique A n’a d’égal que sa grâce sur scène, sa façon de se mouvoir donne envie d’esquisser deux pas de danse à ses côtés.

Heureusement, si vous n’étiez pas là mercredi, il est au Casino de Paris le 19 juin, aux Nuits de Fourvière le 18 juin et sans doute bientôt près de chez vous!

Le livre pour briller dans les dîners mondains: Ce que j’appelle oubli, Laurent Mauvignier, Minuit (parce que Podalydès le monte à la Comédie-Française et que j’y vais ce soir!!)

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Quand Berenice Abbott rencontre Ai Weiwei

 

Berenice Abbott, deuxième! Souvenez-vous, il y a quelques semaines, on assistait à l’échec cuisant de la visite de l’expo Berenice Abbott.

Accompagnée cette fois-ci de mes trois acolytes  -une fille organisée, une terroriste de la file d’attente et le sosie de Janis Joplin- me voici de retour au Jeu de Paume, encore un dimanche, encore une gueule de bois. Et bien finalement, cette file d’attente ne fut pas si longue et l’expo pas si blindée, trafic assez fluide.

Pour le contenu, c’est autre chose. Berenice Abbott, qui a travaillé avec Atget, vécue à Paris, fréquentée Cocteau, photographiée New York sous tous ses angles méritait largement les deux salles du jeu de Paume. On nous explique que son travail autour de New York est colossale, on découvre à peine une trentaine de clichés. Petite frustration donc, de ne pas avoir pu mesurer l’ampleur de son travail et de l’apprécier à sa juste valeur. La salle du documentaire autour de sa vie était bondée, mais il parait que ça vaut vraiment le coup de le voir.

Je reviendrai sans problème, puisque j’ai fait la maline acquisition de la carte Jeu de Paume (15€ si vous avez moins de 26 ans; 25€ sinon). Entrées illimitées, et carte coupe-file. Une rudement bonne idée quand on fait bêtement la queue à toutes les expos depuis 3 ans et qu’on paye plein tarif une fois sur deux parce qu’on a pas ses justificatifs.

 

Ai Weiwei à l’étage, dans un éclairage beaucoup plus lumineux, expose des photos gigantesques de villages chinois entièrement rasés, en passant par des clichés pris avec son téléphone portable. L’agitateur chinois que son pays assigne à résidence est prolifique. Artiste multi cartes, blogueur, twittereur (c’est une qualification apparament..), à croire qu’il ne dort jamais.

La mise en perpective de ces deux artistes est plutôt interéssante. Comment on crée, par quel medium on choisit de faire passer un message, qu’est-ce que ça voulait dire faire des photos en 1920; quelle signification ça prend aujourd’hui. De l’intention qu’on y met, à des aspects purement techniques, les problématiques sont là. Prendre une photo en 1920, la développer dans sa chambre noire, n’avoir droit qu’à un seul essai pour capter une émotion, une lumière. Bref, ça questionne et c’est plutôt bien.

Le livre pour briller dans les dîners mondains: Shenzen, Guy Delisle, L’Association

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