Cet été, pendant que vous grimpiez en haut de très très grandes montagnes, ou vous la couliez douce au bord de la mer, moi, je faisais de nouveaux trucs à Paris. Oh, je ne vous en tiens pas rigueur, j’ai moi-même eu ma dose de vitamine D, de Posthélios et de marque de maillot de bain et sable dans la serviette dans diverses contrées.

Je suis allée dans le nouveau japonais à la mode depuis juin, quelques semaines avant que ça ne devienne inaccessible, j’ai nommé le Koko Bistro. Je n’ai pas pu testé le Five Guys par contre. Canicule plus file d’attente en plein soleil (quoiqu’il pleuvait le premier soir, parait-il) m’ont dissuadées. J’ai fait des risettes aux bébés du printemps, et j’ai hâte de rencontrer un bébé tout spécial arrivé pas plus tard que la semaine dernière.

Et puis, j’ai conduit dans Paris !
Depuis que je suis inscrite à l’auto-école, ce que j’entends le plus avec mais tu passes encore ton permis ? c’est conduire dans Paris quelle horreur ! sauf que je ne conduis PAS dans Paris. Parce qu’au prix de la séance de conduite (Oui je dis séance. Comme chez le psy), autant pas la passer dans les bouchons. Les premières heures, j’ai appris à tourner dans les rues de Montmartre à côté de l’auto-école, et à démarrer en côte par la même occasion. Mais rapidement, la rue Lamarck, la rue Damrémont, et zou ! à Sannoy.

La semaine dernière, un poids lourd a prit feu sur l’autoroute. Le moniteur a donc décidé qu’on irait conduire dans Paris intra-muros. Ça fera du bien à tes contrôles.
Vous n’imaginez pas ma joie de pouvoir conduire dans Paris. Voir défiler beaucoup plus vite qu’à pied l’Opéra, les grands magasins, la Comédie Française, la rue de Rivoli et oh mon dieu mais on s’approche de la Place de la Concorde là ??! J’ai ouvert grand les yeux, et je m’en suis à peu près bien sortie. Je souffle à peine qu’il faut prendre à droite.
- Mais à droite c’est les Champs-Elysées ? – Oui vas-y et attention à tes angles morts !
Qu’il soit dit ici que je ne traverserais plus JAMAIS les Champs à pied quand c’est pas mon tour ! J’étais inconsciente ou pressée d’en finir.

quand tu penses que les Champs, y a pas si longtemps, ça ressemblait à ça…

 Je roule en contrôlant partout comme une malade, je suis à deux doigts de la contracture musculaire quand le téléphone du moniteur sonne. Et qu’il décroche.

Oui oui, non ça va je suis en voiture mais c’est pas moi qui conduit. Bah euh un peu quand même, non ?
On passe la boutique du PSG, je ne m’inquiète pas, il va raccrocher, la FNAC pas de soucis, son téléphone coupe, je respire. Je rappelle, c’est important, continue comme ça. Le Queen, je commence à me dire qu’il plaisante. Le Lido,  je commence à envisager sérieusement de quitter le véhicule et de prendre un abonnement Navigo à vie. Le Fouquet’s, je m’inquiète, puis le Drugstore passe derrière moi et je me lance. On va à gauche, Diane. Le contraire m’aurait étonné.

Je m’engouffre en pensant à tous ces livres que je n’ai pas eu le temps de lire, à tout ce que je n’ai pas eu le temps de dire, je me colle à gauche, il est toujours dans sa conversation, je vais attraper un torticoli à force de tourner la tête, sans oublier de regarder devant moi.
Au bout d’un siècle, il me fait signe de la main, c’est le moment de sortir du plus grand manège du monde, vais-je réussir à attraper la queue du singe ? Je manœuvre pendant ce qui me semble une éternité avant de sortir en toute dignité de ce rond-point gigantesque, sans accrochage, freinage brusque, ou klaxon (pardon, avertisseur sonore).
Et de récolter les félicitations du moniteur, se félicitant également d’avoir un peu fait exprès de me laisser me débrouiller toute seule.

Alors, je vais l’avoir ce permis, oui ?