En sortant de la pièce dont je m’apprête à vous parler, Ariane m’a dit tu vas vraiment parler de cette pièce dans ton blog ? Chapeau ! (ou Courage je ne me souviens plus.). Cette pièce, c’est Fin de l’histoire, de Christophe Honoré, jouée au théâtre de la Colline depuis quelques jours, d’après l’œuvre de Witold Gombrowicz.

Christophe Honoré, pour ceux qui l’ignoreraient encore, est un cinéaste et écrivain français. Il fait des films que j’adore, des livres que je n’ai jamais lu, des pièces qu’il écrit et/ou monte, comme celle d’il y a deux ans, Nouveau Roman. J’adore Christophe Honoré, j’adore le Nouveau Roman, son projet, ses auteurs, leur éditeur, les éditions de Minuit, et j’avais logiquement adoré cette pièce. Mieux, j’étais restée en transe pendant les trois heures de représentation. La barre était haute, peut-être un peu trop, pour cette récidive.

Premièrement, le sujet. Je ne connais Gombrowicz que de nom, j’ignorais absolument tout de cet auteur avant mercredi soir. Et l’homme n’a pas un univers facile d’accès. Pourtant, Honoré nous fait rentrer dans le personnage par sa famille, ce qui est assez habile. La pièce s’ouvre, ses deux frères, sa sœur et ses parents accompagnent le très jeune Witold en partance pour Buenos Aires, où il est invité à parler de ses écrits. La famille est complètement barjo, bien sûr, drôle à souhait.

Deuxièmement, la construction. 2h45 de représentation pour huit comédiens qui interprètent plusieurs rôles sauf Erwan Ha Kyoon Larcher, qui reste Witold toute la pièce. Ça donne des trucs assez marrants en lisant la distribution, type « Annie Mercier : La mère, Jacques Derrida, Edouard Daladier ». Tout se fait par des mouvements de mobilier sur le plateau, la scénographie est d’ailleurs incroyable, comme dans Nouveau Roman, et la famille se transforme en philosophes réunis autour d’une discussion à propos de l’Histoire (pour faire vite et simple), puis en  « Yalta 2 », où ils incarnent les chefs d’états européens pour décider de qui aura quel pays, et surtout du célèbre pacte de non-agression.

C’est foutraque, c’est long, c’est drôle, c’est exigeant, ça demande une grande attention qu’Honoré nous autorise à relâcher pour admirer Marlène Saldana, AKA la sœur AKA Staline AKA Marx, qui a le rôle le plus dingue, et qui en fait le rôle le plus dingue aussi. Elle a une énergie incroyable, qu’elle donne un cours de danse classique, une scène d’hystérie ou qu’elle hurle du Francis Cabrel.

Honoré n’a pas peur du ridicule, du grotesque, du fantasque, et il faut lui reconnaître cela.

En définitive et de l’avis général des trois personnes qui ont vu cette pièce avec moi, la pièce écrase un peu l’œuvre de Gombrowicz et l’on a du mal à entendre sa voix, ses textes, tant la mise en scène et les autres tableaux sont forts et intenses. Mais ce sont peut-être des gens comme ça, Witold Gombrowicz et Christophe Honoré, forts et intenses.

 

Fin de l’histoire – de Christophe Honoré – jusqu’au 28 novembre, relâche les lundis – Théâtre de la Colline – Paris 20e – Métro Gambetta

Le bar du théâtre propose une petite restauration tout à fait correcte avant le spectacle a des prix très abordables, prenez tout de même de l’avance.