Voilà que janvier s’achève et qu’à part vous donner des idées de prénoms et de sujets de conversation, je n’ai pas fait grand chose ici. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir stimulé tous mes sens ce mois-ci. Mais rien qui mérite un post à lui tout seul. Ou plutôt rien qui mérite que j’arrache le baobab géant qui m’a poussé dans la main.

J’ai vu un tas de films et je retiendrai La la land parce que ça met vraiment en joie, si vous n’êtes pas allergique aux comédies musicales bien sûr. Moi qui suis fanatique de Demy, souvenez-vous, ça m’a rappelé de bons moments. Et écouter l’analyse de Roger, enfoncé dans son siège jusqu’à la fin du générique (vous voyez ce genre de mecs ?) n’a pas de prix.
Il y a aussi Lumière. Voir les tout premiers films jamais tournés, comme témoins d’une époque pas si lointaine, une société de la fin du XIXe qui s’agite sous nos yeux de spectateurs, la place du Pont en 1900 (les vrais sauront), et la vie qui va, pas si éloignée de la nôtre, la famille, les rires…
J’ai vu un des plus beaux panorama de cette ville, au sommet d’un immeuble à côté du Panthéon avec une vue à quasi 360°, et j’ai pris de la hauteur le 1er janvier du huitième étage d’un immeuble avec vue sur la bnf.

J’ai entendu au théâtre de l’Atelier Jacques Gamblin, le sextet de Laurent de Wilde, Herbie Hancock et la douce voix de ma copine Nadège à la fin “ça t’a plu ?”. Oh oui, de quoi me donner le sourire tout le reste de la journée. Je suis aussi allée écouter mon moniteur jouer dans un club du XXe. Après l’avoir entendu me raconter ses repet’ et ses concerts pendant quatre ans, c’était une boucle parfaitement bouclée que le « fleuron de sa pédagogie automobile » (c’est pas moi qui le dit) le voit dans son vrai élément.

J’ai senti le gros bouquet de mimosa offert par mes si gentils collègues de travail qui deviennent bien plus que ça, et a embaumé dans mon appart des jours entiers. J’ai aussi senti la clope et le vin rouge lors de nos interminables conversations.

J’ai goûté la première tartiflette de l’année avec Roger, un risotto aux champignons fait avec amour pour mon Manon, j’ai vérifié que Nossa, le portugais de la rue de l’école polytechnique était toujours aussi bon et que My Little Paris avait toujours aussi bon goût en allant tester la crêperie à côté du boulot.

J’ai touché du doigt une nouvelle vie, en solitaire. Une vie rien qu’à moi, où pour la première fois je me sens bien. Je suis en phase avec ce que je vis, qui n’est rien de spécial et tellement de petites choses, de moments privilégiés, voir grandir la fille de Muriel, passer du temps seule ou à plusieurs, poser un regard neuf sur cette ville aussi, qui parfois pue la misère et les particules fines, et parfois aussi me fait comme un grande bouffée d’oxygène, comme ce matin sur le pont Neuf, le soleil se levait et illuminait les façades du quai des Grand Augustins, j’étais la seule à voir ça et il faisait doux.

 

La la land de Damien Chazelle – en salles
Lumière ! commenté par Thierry Fremeaux – en salles

Ce que le djazz a fait à ma djambe de et avec Jacques Gamblin – encore quelques jours au théâtre de l’Atelier et bientôt près de chez vous.

Nossa – 1 rue de l’Ecole de Polytechnique – Paris 5e
Candelma – 73 rue de Seine – Paris 6e