Cette semaine, Roger et moi sommes allés boire un verre à SoPi, South Pigalle quoi. L’appellation pour faire comme à New-York, signaler aux parisiens que non, on ne parle pas du boulevard de Clichy bruyant et éclairé aux néons des lupanars, mais bien du 9e, jusqu’à la rue des Martyrs. J’avais entendu parler d’un bar d’hôtel qui venait d’ouvrir et comme c’est encore ce qu’on a fait de mieux comme série, les bars d’hôtel Roger et moi, j’aime bien remettre ça de temps en temps.

Direction donc Le Grand Pigalle Hôtel dont le nom nous a immédiatement rappelé le superbe et fantastique film de Wes Anderson. Ça s’annonçait plein de promesses, une référence cinématographique cool, installé dans la rue Victor Massé, qui débouche rue des Martyrs justement, et qui se trouve être un nid à jolies filles, je n’ai pas d’explications, juste une longue et fine observation.

La serveuse, fagotée comme dans un rade bobo du 11e, m’accueille et m’installe près de la fenêtre, comme il faisait extrêmement beau, ça tombait bien. Dommage j’avais les genoux sous le menton et pas trop de possibilités où mettre mes pieds. Roger me rejoint, j’avais lu qu’ils avaient axé leur carte sur les vins, italiens pour le coup. Et qui dit vins italiens dit prosecco ! Mais pas de Spritz. Ou j’ai mal regardé. Ou c’est déjà so 2015.

Quelques antipasti se proposent d’accompagner notre verre, il est un peu tôt, et c’est un peu cher. Les boissons aussi sont un peu chères, et plus le temps passe, moins je me sens à l’aise ici. Je finis par comprendre que je paye 10 balles mon verre parce qu’on est dans un bar d’hôtel. Ça m’avait complètement échappé, le lieu est sympa hein, le carrelage très très joli, le comptoir en bois pas mal, mais le bar d’à côté était certainement très sympa aussi. Je dois m’embourgeoiser. Je précise que Roger n’est pas trop d’accord avec moi, lui ça lui a plu, alors que c’est lui le râleur d’habitude. Mais un vilain rhume altérait son discernement. Faites-moi donc confiance.

Pour ne pas finir cette soirée sur un échec, Roger a plus d’un tour dans son sac et quelques rues plus tard, nous nous retrouvons chez Ito, un japonais traditionnel vraiment exquis et pas cher du tout, lui. Ramen ou plats typiques comme ce bœuf yakiniku (mariné puis passé au barbecue, un délice), du kimpira (je ne sais pas ce que c’est mais c’est diablement bon et on le trouve aussi dans les restos coréens) et de la glace au thé vert et au sésame noir, que même Roger a goûté. Parce que Roger n’aime « pô » la glace. Parce que « c’est sucré et que le sucre, ben c’est pour les filles », dixit l’homme des bars d’hôtel, mon piéton de Paris plein de contrastes.

 

Si vous avez encore envie d’y aller après cet éloge :
The Grand Pigalle Hotel – 29 rue Victor Massé – Paris 9e

Et le japonais : Ito – 2 et 4 rue Pierre Fontaine – Paris 9e

Bon, SoPi, c’est aussi le très bon bar à cocktails l’Artisan, c’est le Dirty Dick pour s’enivrer au Mezcal et tout un tas de bars à hispters barbus.