Dimanche dernier, Roger et moi, on a fait n’importe quoi.

Du vélib’ sur les Champs, un brunch indécemment bon, et une expo au Grand Palais alors qu’il faisait beau et que je déteste le Grand Palais. On a pas chômé !
L’expo, c’était Seydou Keïta. Photographe à Bamako dès la fin des années 30, pas dans l’idée de photographier le réel ou devenir grand reporter mais plutôt de croquer son époque. Il monte un studio photo et ce sont tous les bamakois qui défilent, couples, parents, enfants, frères et sœurs, jeunes gens.

 

Pour dater ses clichés, qui courent sur plusieurs années, Seydou Keïta s’appuyait sur les fonds qu’il choisissait, tissu Wax à motifs, tous différents, donnant un cachet particulier aux images, même en noir et blanc. A la disposition des modèles, tout un tas d’accessoires pour s’apprêter, se mettre, le temps d’une prise de vue, dans la peau de quelqu’un d’autre.

Pour l’expo, et la rétrospective qui avait eu lieu à la Fondation Cartier il y a quelques années, de nouveaux tirages ont été fait, en très grand format, avec de magnifiques contrastes. Parfois, impossible de retrouver les négatifs, parfois ils étaient altérés, dans ces cas-là, le cadre est parfois un peu mangé mais l’effet est incroyable. Imaginez ce grand monsieur en 4 par 3…

Dans la salle ronde au fond, on retrouve les photos telles que Keïta les vendait à ses clients, dans un format carte postale, couleur sépia, le temps est passé sur les photos, les couleurs se sont estompées, mais on voit comme certaines ont été précieusement gardées. La particularité de ses photos, outre la modernité, la proximité qui en ressort, c’est que son studio était à l’extérieur, il ne fabriquait pas une lumière mais composait avec celle du jour. On voit les modèles abandonner petit à petit les habits traditionnels pour des vêtements “européens”, et à travers l’objectif de Keïta, tout le Mali, qui n’était encore que le Soudan français, se transformer.

Seydou Keïta au Grand Palais – jusqu’au 11 juillet 2016 – plein tarif : 10 € – Ouvert de 10h à 20 h tous les jours sauf mardi, nocturne le mercredi jusqu’à 22h.

Ah le Grand Palais, j’aime vraiment, mais alors vraiment pas ça d’habitude, mais là ça vaut le coup et on a pas trop attendu. Concernant cet indécent brunch, j’en ai déjà parlé il n’y a pas longtemps juste ici.