Article initialement paru le 30 novembre 2015 (mais enrichi depuis !)

Il y a quelques mois, j’ai dû tomber sur lui dans le Supplément de Canal+ un dimanche où j’étais à Lyon, ou alors, il avait été invité à faire une chronique chez Pat Co sur France Inter, bref, je ne me souviens plus précisément, mais depuis, je ne peux plus me passer de Vincent Dedienne.

Je n’ai pas la télé mais je regarde sa chronique en replay, et je podcaste celle d’Inter devenue régulière le jeudi à 8h55, heure à laquelle je suis en général quelque part sous terre entre République et Odéon. Vous saurez vraiment tout.
Et puis, j’ai vu que le jeune homme (il a 9 mois de moins que moi, je dis jeune homme si je veux) avait un spectacle au titre à la douce allitération : S’il se passe quelque chose. Mis en scène par François Rollin, le spectacle tourne depuis un moment à Paris et j’ai fini par arrêter de procrastiner et prendre deux places pour mon Jules et moi.

copyright : Julien Benhamou

Mercredi soir, première d’une série au Café de la danse qui va durer jusqu’en décembre, nous étions là. Vincent Dedienne le précise, ce n’est pas un one-man-show, mais plutôt le spectacle d’une solitude. Il est issu du théâtre, a fait une école pour, et travailler les grands textes, d’où sa diction parfaite, même quand il se met à parler très très très vite. Il arrive sur scène dans une tenue pour le moins surprenante et enfile tour à tour ses propres habits pour raconter son enfance à Mâcon et son adoption, d’une manière très touchante, ceux d’une conseillère de Pôle-Emploi comme quiconque ayant déjà mis les pieds dans une agence Pôle-Emploi en a forcément vu (je peux témoigner), d’un de ces profs de souffle (sic), ou d’une vieille actrice qui perd un peu la boule.

Il s’adresse à Marie-France, son assistante ou sa conscience, on hésite, on ne la connait pas, mais on l’aime déjà. Vincent Dedienne aussi, je l’aimais déjà, mais là, je suis totalement fan. Les gens s’installent dans la salle au son d’une chanson issue du film Les bien-aimés de Christophe Honoré interprétée par Ludivine Sagnier, là je commence à fondre, ensuite le noir se fait, une voix de femme se lève, une femme interviewée par quelqu’un qui lui demande de faire son auto-portrait, elle tempête, je me dis tiens ça pourrait être Françoise Sagan ou Marguerite Duras, bingo ! c’est Duras, je pense que toute cette histoire commence sous les meilleurs auspices ; à la fin, il fredonne Quelques mots d’amour et là, là, j’ai été irrémédiablement conquise.

Le spectacle a filé à toute allure, on a vraiment beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup ri ! Toute la salle aussi d’ailleurs. Sauf une personne, juste devant nous, qui a passé le spectacle a regardé son téléphone, qui a relevé la tête en entendant le mot « cosmétiques » et que j’ai entendu rire à « et là il est mort ». Donc, toi, Juliette, la relou, oui, toi assise tout à gauche de la scène, vers le sixième rang, même toi, tu as fini par nous faire rire, tellement le garçon met dans de bonnes dispositions.

Il est touchant et élégant, drôle et espiègle, plein d’esprit et de contrepèteries, de verve et de mise à nu.
En un mot, bravo, Monsieur Dedienne.

 

S’il se passe quelque chose – un spectacle de Vincent Dedienne au Café de la Danse en novembre et en décembre, on peut réserver sa place là.

Et pour tout ce qui concerne Vincent Dedienne, c’est par ici.

 

EDIT 23/12/2016 : Quand on aime on ne compte pas, je suis retournée voir Vincent Dedienne hier soir au Trianon. La salle était conquise d’avance, le spectacle était toujours aussi bien, j’ai ri à des endroits différents, et j’ai été plus émue par des sujets qui ne me concernaient pas du tout à l’époque.
Ça devait être avec Roger cette fois, qui a eu le mauvais goût d’attraper la grippe et ça s’est fini avec ma collègue Laurence qui connait tout le monde et qui m’a emmenée lui parler à la fin du spectacle !