Blog lifestyle d'une parisienne à Paris

 

Chercher un appartement est une quête, pas celle du Graal ni de l’anneau, mais probablement de quoi aussi en faire une trilogie soporifique. Le nom du blog et ce qui m’y occupe depuis 4 ans et demi ajoute un ingrédient qui ne manque pas de piquant dans cette recherche : Paris.
Quand je rentre à Lyon, de temps en temps, mes yeux s’égarent sur les vitrines des agences immobilières où les appartements ont l’air de n’attendre que toi. Ici, tu as plutôt intérêt à te jeter sur l’agent immobilier si tu veux un toit sur ta tête.

En quatre mois de recherche, j’ai acquis tout un tas de connaissances. Un bail meublé dure un an, sinon c’est trois ans (et la notion de meublé reste assez flou chez certains propriétaires), une chambre n’a pas forcément de fenêtre, les petits appartements sont souvent « plein de charme », les grands sont toujours au fin fond du XIXe ou dans le triangle désert du XXe.
Il semble impossible de louer un troisième ou quatrième étage, c’est soit un premier dans le noir, soit un sixième sans ascenseur.

Avec un score tout à fait admirable de six logements occupés en moins de huit ans, j’avoue que la perspective du septième m’a calmé sur ma bougeotte. Il fallait nous trouver un appartement qui nous convienne à tous les deux et dans lequel on voudrait rester au moins trois ans (un début de record pour moi).

Mettez dans un grand plat vos critères de sélection, vos petits désirs et vos impondérables en terme de quartier, de métro (non je n’irai pas vivre sur la 3bis !) enfin vos contraintes financières, mélanger le tout, attendez patiemment deux ou trois mois, le temps de constituer un dossier tout beau, de visiter une petite quinzaine d’apparts, d’avoir éplucher les sites d’annonces à peu près six fois par jour et d’avoir réellement considéré la possibilité d’aller vivre à Saint-Fargeau, ou un temps, pire, en banlieue !

Grâce à une sympathique agent immobilière – je pensais jusqu’au mois dernier que c’était antagoniste, mais c’est comme les huissiers, il y a des gens bien – nous emménageons ce week-end. Au milieu des cartons et de la peinture, j’avoue, j’ai eu un petit manque les premiers jours sans les alertes seloger.com, mais  j’ai fini par détruire avec joie et bonheur nos dossiers de candidature.

Un palace d’au moins deux pièces nous attend, mais bien agencé hein ! Toujours dans le XXe que je ne voulais plus quitter après avoir juré que jamais au grand jamais ! Il est au fond d’une petite cour arborée super mignonne. L’appartement est calme et lumineux. Pour un peu, je ne déménagerai plus jamais.

Ça y est, c’est officiel, les cartons sont presque tous déballés, les meubles quasi montés : j’ai quitté le XVe. Mon XVe, ma rive gauche.

Je précise mon XVe, parce qu’on ne semble pas avoir le même, vous le reste des parisiens et moi. Pendant plus de deux ans, chaque fois que je répondais “dans le XVe” à la question “où t’habites ?”, j’avais droit à un regard désolé ou interloqué, parfois à un “ah bon mais pourquoi ?”. Sans compter les moqueries de Roger, les oublis de passeport et de vaccins pour ne pas venir, même les morues ne sont pas venues tant que ça.

 

Mais je vais vous dire un truc, j’ai adoré vivre dans le XVe. D’abord, c’était à quinze minutes du boulot, et ça, avouez, ça n’a pas de prix. Quinze minutes en bus, avec trois lignes possibles ! Et puis, il y avait Béatrice, ma copine de bus, le café au Chai de l’Abbaye rue de Buci qui suivait, quelques fois dans la semaine. Le bus 39 avec le teufeur, casque vissé sur les oreilles et déhanchement electro, les mamans et leurs enfants, les costumes-cravates, le mec qui parle à tout le monde et connait tout le bus, et les chauffeurs excités, bien sûr.

L’ambiance du quartier, le rituel du samedi avec la salle de sport à deux pas, le marché de la rue Bargue, les commerces de la rue Lecourbe, le bon poissonnier, le primeur qui me reconnaissait, la boulangerie Pichart en remontant le rue Cambronne, avec la boulangère : “Une Pichaaaaart ! 1 euro !”, plus loin Le Général Beuret, seul rade branchouille du coin. Mes bibliothèques, Yourcenar la belle, grande et moderne, et Vaugirard, la petite poussiéreuse où il fallait aller chercher les nouveautés que personne ne pensait à emprunter là. Et puis passer devant la mairie, et voir, à coup sûr à partir d’avril, les mariages en formation.

Le cinéma à dix minutes à pied à Montparnasse, vingt minutes de métro pour les Halles, la gare Montparnasse pour les départs à la mer.
Et puis ce très grand appartement, parquet, moulures, cheminées dans toutes les pièces, frais l’été, chaud l’hiver, à cinq minutes du métro.

Et me voilà, résolue, à emballer ma vie dans des boîtes pour la quatrième fois en sept ans, à appeler les copains motivés pour m’aider à déménager en période de canicule, et, comme tout le monde, à aller vivre dans l’est parisien.
Mais ! Avec mon Jules dans un endroit rien qu’à nous. L’appart’ est top, j’aime déjà mon quartier, et j’ai hâte de vous le raconter.