Blog lifestyle d'une parisienne à Paris

Après de longues heures passées derrière ce volant, après un an de bouderie de l’auto-école, après un retour offensif en juin à raison de deux heures par semaine et parfois plus pendant les vacances d’été, c’était lundi ma deuxième tentative de passage de l’épreuve pratique du permis de conduire.

On était bien préparé, et quand je dis on, je veux dire mon moniteur et moi, parce que c’était un sacré travail d’équipe, de me coacher, de me supporter, de me surmotiver et moi de me mettre en mode grosse win. Bref, on était prêts.

J’ai pris les grigris de tout le monde, j’ai reniflé des huiles essentielles, ai suivi une séance de relaxation, j’ai fait le vide en moi et j’y suis allée calme et sereine. Je n’ai pas paniqué, j’ai ralenti aux bons moments, j’ai fait mon créneau du premier coup, une sortie d’autoroute pas mal du tout, j’ai fait le job et je peux dire que j’étais contente de moi.

Quelques trois interminables jours plus tard, mon moniteur chéri m’a appelé pour m’annoncer que mon diplôme de Ryan Gosling était dans la poche ! Joie, bonheur et ravissement !

Au cours de ces quatre années, pendant que je passais mon permis :

- j’ai occupé quatre appartements différents, jamais à côté de l’auto-école

- j’ai eu deux jobs

- j’ai changé de tranche d’impôts

- ils ont rénové l’auto-école

- je l’ai conseillé à d’autres gens qui ont probablement eu leur permis depuis

- j’ai entendu autant d’histoires de permis que je connais de gens

- j’ai épuisé quatre moniteurs

- j’ai changé de lunettes pour essayer de mieux voir les priorités à droite

- j’ai eu le temps d’apprendre à connaître un type super qui a eu une patiences d’ange et qui a repoussé les limites de ses méthodes pédagogiques pour me faire obtenir ce précieux sésame, symbole d’une nouvelle vie, indépendante, libre et motorisée ! (Enfin, en autolib quoi !)

 

Tout ce qu’il y a à savoir sur mon aventure du permis de conduire se trouve dans la catégorie L’humeur du jour !

 

 

 

 

 

Cet été, pendant que vous grimpiez en haut de très très grandes montagnes, ou vous la couliez douce au bord de la mer, moi, je faisais de nouveaux trucs à Paris. Oh, je ne vous en tiens pas rigueur, j’ai moi-même eu ma dose de vitamine D, de Posthélios et de marque de maillot de bain et sable dans la serviette dans diverses contrées.

Je suis allée dans le nouveau japonais à la mode depuis juin, quelques semaines avant que ça ne devienne inaccessible, j’ai nommé le Koko Bistro. Je n’ai pas pu testé le Five Guys par contre. Canicule plus file d’attente en plein soleil (quoiqu’il pleuvait le premier soir, parait-il) m’ont dissuadées. J’ai fait des risettes aux bébés du printemps, et j’ai hâte de rencontrer un bébé tout spécial arrivé pas plus tard que la semaine dernière.

Et puis, j’ai conduit dans Paris !
Depuis que je suis inscrite à l’auto-école, ce que j’entends le plus avec mais tu passes encore ton permis ? c’est conduire dans Paris quelle horreur ! sauf que je ne conduis PAS dans Paris. Parce qu’au prix de la séance de conduite (Oui je dis séance. Comme chez le psy), autant pas la passer dans les bouchons. Les premières heures, j’ai appris à tourner dans les rues de Montmartre à côté de l’auto-école, et à démarrer en côte par la même occasion. Mais rapidement, la rue Lamarck, la rue Damrémont, et zou ! à Sannoy.

La semaine dernière, un poids lourd a prit feu sur l’autoroute. Le moniteur a donc décidé qu’on irait conduire dans Paris intra-muros. Ça fera du bien à tes contrôles.
Vous n’imaginez pas ma joie de pouvoir conduire dans Paris. Voir défiler beaucoup plus vite qu’à pied l’Opéra, les grands magasins, la Comédie Française, la rue de Rivoli et oh mon dieu mais on s’approche de la Place de la Concorde là ??! J’ai ouvert grand les yeux, et je m’en suis à peu près bien sortie. Je souffle à peine qu’il faut prendre à droite.
- Mais à droite c’est les Champs-Elysées ? – Oui vas-y et attention à tes angles morts !
Qu’il soit dit ici que je ne traverserais plus JAMAIS les Champs à pied quand c’est pas mon tour ! J’étais inconsciente ou pressée d’en finir.

quand tu penses que les Champs, y a pas si longtemps, ça ressemblait à ça…

 Je roule en contrôlant partout comme une malade, je suis à deux doigts de la contracture musculaire quand le téléphone du moniteur sonne. Et qu’il décroche.

Oui oui, non ça va je suis en voiture mais c’est pas moi qui conduit. Bah euh un peu quand même, non ?
On passe la boutique du PSG, je ne m’inquiète pas, il va raccrocher, la FNAC pas de soucis, son téléphone coupe, je respire. Je rappelle, c’est important, continue comme ça. Le Queen, je commence à me dire qu’il plaisante. Le Lido,  je commence à envisager sérieusement de quitter le véhicule et de prendre un abonnement Navigo à vie. Le Fouquet’s, je m’inquiète, puis le Drugstore passe derrière moi et je me lance. On va à gauche, Diane. Le contraire m’aurait étonné.

Je m’engouffre en pensant à tous ces livres que je n’ai pas eu le temps de lire, à tout ce que je n’ai pas eu le temps de dire, je me colle à gauche, il est toujours dans sa conversation, je vais attraper un torticoli à force de tourner la tête, sans oublier de regarder devant moi.
Au bout d’un siècle, il me fait signe de la main, c’est le moment de sortir du plus grand manège du monde, vais-je réussir à attraper la queue du singe ? Je manœuvre pendant ce qui me semble une éternité avant de sortir en toute dignité de ce rond-point gigantesque, sans accrochage, freinage brusque, ou klaxon (pardon, avertisseur sonore).
Et de récolter les félicitations du moniteur, se félicitant également d’avoir un peu fait exprès de me laisser me débrouiller toute seule.

Alors, je vais l’avoir ce permis, oui ?

 

Je précise à toutes fins utiles que le hashtag 7, c’est pour 7 épisodes et pas pour 7 tentatives de passer cet examen (je n’en suis humblement qu’à une seule et unique). C’est ma croix, mon rocher de Sisyphe, mon tonneau des Danaïdes, mon running gag, la blague qui ne me fait plus rire, le sujet de conversation inépuisable. Ce fuckin’ permis de conduire de merde de mes deux !

J’avais bien enterré cette histoire depuis un an, jusqu’à il y a quelques semaines en vérité, où je me suis souvenue d’une promesse faite à moi-même au premier jour de mes 25 ans, d’apprendre à conduire avant mes 30 ans. Et mes 30 ans, c’est vraiment très bientôt, (n’insistez pas, c’est déjà assez compliqué comme ça), tellement bientôt que ça ne le fera pas pour le 19 juin, mais ça va devoir le faire pour l’année de mes 30 ans puisque je perds mon code fin décembre avec ces conneries.

J’ai donc dit adieu à mes petites économies et j’ai rappelé l’auto-école. On m’a choisi un nouveau moniteur, un que je n’avais pas encore épuisé. Le jour de la reprise venu, j’ai eu mal au ventre, un peu la nausée, j’ai dit je veux pas y aller et j’y suis allée quand même. J’ai tremblé sur la pédale d’embrayage, dans les virages et les embouteillages, j’ai calé deux fois et grillé une priorité. Au bout d’1h45, j’avais mal partout, envie de buter les automobilistes, les cyclistes, les piétons, et même le moniteur, qui était au demeurant très gentil.

Ça m’a tellement laissé sur le carreau qu’au milieu de mon trajet, je me suis aperçue que je n’étais plus munie de mon ordinateur, que j’avais pourtant bien sorti de la voiture. Panique à bord, l’avais-je laissé dans le bus ? Les voyageurs ont été très gentils avec moi et ma crise d’angoisse, j’étais à deux mètres de la guérite de la ratp pour alerter tous les chauffeurs de la ligne 95, quand je me suis souvenue que je l’avais en réalité oublié à l’auto-école, qui était depuis, fermée. Du coup, réveil aux aurores le lendemain pour aller récupérer mon bien à l’autre bout de Paname et m’en aller joyeusement entamer ma journée. On sous-estime le parfum du petit matin parisien. Et on a bien raison.

Le permis et moi, c’est une histoire en maintenant sept épisodes, que vous retrouverez dans la catégorie l’humeur (mauvaise) du jour