Blog lifestyle d'une parisienne à Paris

 

Il y a encore des lieux à Saint-Germain-des-Prés qui m’avaient échappés ! Et celui-ci, j’avoue avoir un peu hésité à vous en parler tellement il est chouette et bien caché. Au milieu du Passage Dauphine, qui relie la rue éponyme à la rue Mazarine, et semble une cour privée quand on passe devant, se trouve le salon de thé L’heure gourmande. L’été, quelques tables sont disponibles au soleil. Le reste de l’année, la salle est également très accueillante.

Loin des camions de livraison et hordes de touristes, c’est très calme, les dames sont extrêmement gentilles et les convives charmants, et il est vrai, d’un certain âge. Ce qui n’a pas manqué de faire dire à Muriel quand je l’ai emmené déjeuner, tu m’avais pas dit qu’il fallait amener sa grand-mère. L’important, c’est que la carte est variée, salades, quiches, plats du jour, que tout est frais et vraiment super super bon, et qu’en plus les desserts sont nombreux, alléchants et terriblement délicieux. La tarte au citron meringuée restant mon must.

En bref, une adresse trop chouette que j’ai hâte de re-re-tester quand le soleil reviendra, que je pourrai chausser mes lunettes de soleil et discuter de nos grands-mères avec Muriel.

 

L’heure gourmande – 22 Passage Dauphine – Paris 6e – Ouvert 7 jours sur 7 de 12h à 19h

J’ai découvert ce lieu une fois où je sortais de cette superbe boutique, et promis la semaine prochaine, je quitte la rive gauche !

Sur une idée originale de Roger, l’insolite de mars était au Bon Marché. Et je dois dire qu’il a tapé très haut dans l’insolite. Mais qui sont ces gens qui peuplent le Bon Marché ? Ils ne ressemblent pas vraiment à ceux que je croise le matin dans le métro ni aux touristes du week-end. Ils vivent pourtant bien à Paris a priori, ou y séjournent. En fait, ils ne vivent pas « à Paris », quand on leur demande, ils répondent très certainement « j’habite rive gauche »

S’il fallait décrire le Bon Marché, il n’y aurait qu’à demander au Bon Marché, il l’a très bien fait lui-même : rive gauche. C’est l’incarnation, la quintessence, la représentation exacte que l’on se fait de cet endroit so chic, so Saint-Germain-des-Prés.

Et ça commence dès les vitrines où l’on se tord le cou pour trouver le prix des pièces exposées que, de toute façon, on aura jamais les moyens de s’acheter. Ca continue en entrant dans le bâtiment, où il est impossible de se repérer, et pour cause pas de plan, pas de panneaux, même pour l’escalator. Nos efforts s’étant concentrés sur le salon de thé, je me perds en cinq minutes et deux allées du nouvel espace « souliers ». Je suis géoguidée par Roger, qui m’attend, et qui a l’air de connaître l’endroit comme sa poche. Et après, c’est moi la snob de la rive gauche. N’importe quoi. Avec son trench Agnès B et son sac de piscine, je me dis dans cinq minutes je l’entends regretter l’ancienne piscine du Lutetia.

On s’installe dans le salon de thé tenu par l’enseigne Rose Bakery, tout à fait en haut du bâtiment. Et à gauche puis au fond en sortant de l’escalator si jamais vous vous aventurez. Avec la hauteur, on a vue sur la rue de Sèvres, et la lumière naturelle entre dans l’espace, ce qui est plutôt agréable, si vous êtes un peu claustrophobe, comme ça m’arrive. Le salon de thé est plutôt agréable, les pâtisseries sont adroitement exposées au centre de la pièce, on ne voit que ça, et même en tentant de résister – ce que je n’ai même pas envisagé de faire – impossible de ne pas céder.

Roger et moi optons pour un thé et une gigantesque tarte au citron meringuée. Mets casse-gueule s’il en est. Ca peut être franchement raté. Vous vous doutez bien que là, pas du tout. La pâte sablée est croustillante, l’appareil au citron fondant, et la meringue ! La meringue mérite un point d’exclamation et une phrase pour elle toute seule. Elle est parfaite, ferme et fondante, avec un léger goût grillé sur le dessus, et dernier atout, mais pas des moindres, elle est… vraiment gigantesque !

Niveau public, ma foi, nous sommes gâtés. L’habitant de la rive gauche est parfait dans son rôle, caricatural à souhait, comme on l’avait rêvé. Un couple de quadras s’étale sur trois banquettes à côté de nous, lui parle fort dans son smartphone, elle, ausculte son bronzage UV d’un air désinvolte. Une petite nana, vingt ans pas plus, et l’air d’avoir de vrais problèmes dans la vie pour donner rendez-vous à ses copines en plein 7e, fixe son téléphone d’un air bovin (si, si, bovin), et remarque à peine lesdites copines qui s’installent à côté d’elles et entament une conversation. Le reste de la clientèle se partagent entre familles et vieilles dames respectables du quartier.

L’endroit est quand même très bruyant. Un grand magasin, en somme, mais rien pour arranger mon mal de tête. On s’amuse à observer ces indigènes un bon moment, puis Roger renfile son bel imper et me fait faire un petit détour par la cave du Bon Marché, qui a de la gueule, il faut bien le dire.

Plongée en absurdie, en Paris 7e tout simplement, en ma rive gauche bien-aimée. Avant de ne plus y vivre dans quelques mois, je ne pouvais pas faire l’impasse sur le Bon Marché. Encore une fois grâce à Roger, c’est donc chose faite.